Vous utilisez Trade Republic depuis la France et vous vous demandez s’il faut déclarer votre compte au fisc ? La question revient souvent, surtout depuis l’arrivée d’un IBAN français et l’élargissement des services proposés par la plateforme.
La réponse courte est simple : oui, certaines informations doivent être déclarées. Mais la démarche dépend de la nature exacte du compte, de l’entité qui le tient, des revenus perçus et des opérations réalisées pendant l’année.
En 2026, la déclaration concernera principalement les revenus et opérations effectués en 2025. Voici comment éviter les oublis, les mauvaises cases et le fameux courrier des impôts qui arrive toujours au moment où l’on pensait avoir enfin rangé ses documents.
Trade Republic : quel type de compte détenez-vous ?
Avant de parler fiscalité, il faut identifier les produits utilisés sur Trade Republic. La plateforme n’est pas uniquement une application permettant d’acheter quelques fractions d’actions entre deux stations de métro.
Selon votre situation, vous pouvez détenir :
- un compte espèces associé à un compte-titres ordinaire ;
- un portefeuille d’actions ou d’ETF ;
- des liquidités rémunérées ;
- un compte courant ou un service de paiement avec IBAN ;
- des cryptomonnaies ;
- un plan d’épargne en actions, si vous êtes éligible à cette offre en France.
Chaque catégorie possède ses propres règles. Les intérêts ne se déclarent pas exactement comme les dividendes. Les plus-values sur actions ne suivent pas le même régime que les gains réalisés sur les cryptomonnaies. Quant au compte lui-même, sa déclaration éventuelle dépend notamment de l’établissement qui le détient et de sa localisation juridique.
Faut-il déclarer son compte Trade Republic à l’étranger ?
Le point le plus sensible concerne le formulaire 3916 ou 3916-bis, utilisé pour déclarer certains comptes ouverts, détenus, utilisés ou clos à l’étranger.
Trade Republic est historiquement liée à une entité allemande, Trade Republic Bank GmbH. Même si la plateforme fournit désormais un IBAN français à de nombreux clients, il ne faut pas déduire automatiquement que toutes les obligations déclaratives ont disparu. Un IBAN français concerne la domiciliation bancaire et les services de paiement ; il ne suffit pas toujours à déterminer le pays de l’établissement qui gère juridiquement votre compte-titres.
Le bon réflexe consiste donc à vérifier les documents contractuels disponibles dans l’application, notamment :
- le nom exact de l’entité avec laquelle vous avez signé ;
- l’adresse de l’établissement teneur de compte ;
- la nature du compte : paiement, espèces, compte-titres ou autre ;
- les mentions figurant sur vos relevés fiscaux ;
- les informations communiquées par Trade Republic pour la déclaration française.
Si votre compte est juridiquement détenu auprès d’un établissement étranger, la déclaration via le formulaire 3916 peut être nécessaire. Pour un compte d’actifs numériques détenu auprès d’une plateforme étrangère, c’est généralement le formulaire 3916-bis qui est concerné.
Attention : le formulaire 3916 ne sert pas à déclarer le montant présent sur le compte. Il sert à signaler l’existence du compte. Son omission peut entraîner une amende, même si vous n’avez réalisé aucune plus-value.
Comment remplir la déclaration d’un compte Trade Republic ?
La déclaration des comptes détenus à l’étranger se fait généralement en ligne, depuis votre espace personnel sur impots.gouv.fr, en ajoutant l’annexe 3916 à votre déclaration de revenus.
Les informations demandées sont relativement classiques :
- l’identité du titulaire ;
- le nom et l’adresse de l’établissement ;
- le numéro du compte ;
- la date d’ouverture ou de clôture ;
- la nature du compte ;
- les éventuels titulaires ou mandataires supplémentaires.
Le numéro de compte correspond généralement à l’identifiant fourni par Trade Republic ou à la référence mentionnée sur vos relevés. Ne recopiez pas au hasard votre IBAN si le formulaire demande un numéro de compte distinct. En cas de doute, consultez l’aide de l’application ou demandez une confirmation écrite au service client.
Un compte ouvert en 2025 doit être déclaré en 2026 avec les revenus de 2025. Un compte clôturé pendant l’année doit également être signalé. Une déclaration déjà effectuée l’année précédente doit être renouvelée lorsque l’obligation demeure : le fisc ne fonctionne pas vraiment sur le principe du « je l’ai dit une fois, cela devrait suffire pour toujours ».
Les intérêts sur les liquidités Trade Republic
Trade Republic peut rémunérer les liquidités non investies présentes sur le compte. Ces intérêts constituent des revenus de capitaux mobiliers.
Pour un résident fiscal français, ils sont en principe soumis au prélèvement forfaitaire unique, souvent appelé PFU, au taux global de 30 %. Ce taux comprend :
- 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu ;
- 17,2 % de prélèvements sociaux.
Dans certaines situations, l’établissement peut appliquer un prélèvement à la source ou fournir un relevé fiscal permettant de reporter les montants. Le traitement exact dépend de l’entité payeuse et de la manière dont les revenus sont versés.
Lors de la déclaration, les intérêts peuvent apparaître dans les cases consacrées aux produits de placement à revenu fixe, souvent associées aux rubriques 2TR ou équivalentes. Le prélèvement déjà effectué peut être reporté dans la case correspondante, notamment 2CK lorsqu’elle est proposée.
Ne vous fiez pas uniquement au montant crédité sur votre compte. La somme reçue peut être nette d’un prélèvement, tandis que la déclaration fiscale doit parfois mentionner le montant brut. Le relevé fiscal annuel reste votre meilleure base de travail.
Dividendes et distributions d’ETF
Les dividendes d’actions et les distributions de certains ETF sont également imposables. Ils relèvent des revenus de capitaux mobiliers et sont généralement concernés par le PFU.
Un exemple concret : vous recevez 100 euros de dividendes bruts d’actions américaines. Une retenue peut être appliquée dans le pays d’origine, puis la fiscalité française intervient selon les règles de la convention fiscale concernée. Le montant effectivement crédité sur Trade Republic ne correspond donc pas forcément au montant à déclarer.
Pour les titres étrangers, il faut aussi vérifier la présence éventuelle d’un crédit d’impôt. Les formulaires et cases peuvent varier en fonction de l’origine des revenus et de la retenue appliquée.
Les ETF capitalisants ne distribuent pas directement de revenus sur votre compte. Cela ne signifie pas pour autant que chaque variation de valeur doit être déclarée chaque année. Tant que vous ne vendez pas vos parts, il n’y a généralement pas de plus-value réalisée à reporter dans la déclaration de revenus.
Plus-values sur actions et ETF : quand faut-il les déclarer ?
Avec un compte-titres ordinaire, la plus-value devient imposable lorsque vous vendez un actif. Une hausse affichée dans l’application ne constitue pas, à elle seule, un événement fiscal.
Vous achetez une action 1 000 euros et la revendez 1 300 euros : la plus-value brute est de 300 euros, avant prise en compte des frais et des éventuelles moins-values. Vous achetez plusieurs fois le même titre, puis revendez seulement une partie de votre position : le calcul peut devenir plus complexe, car le prix d’acquisition repose sur une méthode de calcul spécifique.
Les plus-values mobilières sont généralement soumises au PFU de 30 %. Elles peuvent être reportées dans la déclaration principale et, lorsque cela est nécessaire, dans le formulaire 2074.
Trade Republic fournit habituellement un relevé fiscal ou un récapitulatif des opérations. Utilisez-le comme point de départ, mais contrôlez les données. Les courtiers étrangers ne préremplissent pas toujours automatiquement les cases de votre déclaration française.
Conservez également :
- les relevés d’achats et de ventes ;
- le détail des frais de courtage ;
- les justificatifs de dividendes ;
- les relevés annuels ;
- les historiques de conversion en euros pour les actifs libellés en devise étrangère.
Le cas particulier des cryptomonnaies sur Trade Republic
Les opérations sur cryptomonnaies obéissent à un régime distinct. Pour un particulier qui réalise occasionnellement des cessions, les plus-values sont en principe taxées lorsque des actifs numériques sont vendus contre une monnaie ayant cours légal, utilisés pour acheter un bien ou un service, ou échangés dans certaines conditions assimilables à une cession imposable.
Un simple achat de bitcoin avec des euros n’est pas une plus-value taxable. Une vente de bitcoin contre des euros peut en revanche déclencher une obligation déclarative.
Le calcul français repose sur une formule prenant en compte la valeur globale du portefeuille au moment de la cession, ainsi que le prix total d’acquisition. Lorsque vous avez réalisé des opérations imposables, le formulaire 2086 doit généralement être rempli, puis les montants sont reportés dans la déclaration de revenus, notamment dans la rubrique dédiée aux actifs numériques.
Si les cryptomonnaies sont détenues auprès d’un prestataire établi à l’étranger, le formulaire 3916-bis peut aussi être requis. Là encore, il faut distinguer la déclaration du compte et la déclaration des plus-values : ce sont deux obligations différentes.
Les achats récurrents de quelques euros peuvent rendre le suivi fastidieux. Pourtant, le fisc ne prévoit pas de bouton « calcul automatique, merci ». Exportez régulièrement vos historiques et conservez les justificatifs de chaque opération.
Trade Republic et prélèvement à la source : ce qu’il faut vérifier
Certains contribuables pensent que la présence d’un prélèvement suffit à régler toute la fiscalité. Ce n’est pas toujours le cas.
Le prélèvement effectué pendant l’année peut correspondre à un acompte d’impôt, aux prélèvements sociaux, ou à une retenue appliquée à l’étranger. La déclaration annuelle sert ensuite à régulariser la situation.
Vérifiez donc :
- si les revenus sont indiqués en brut ou en net ;
- si un prélèvement forfaitaire non libératoire a déjà été payé ;
- si un crédit d’impôt étranger est applicable ;
- si les prélèvements sociaux ont été prélevés ;
- si l’option pour le barème progressif serait plus favorable dans votre cas.
Le PFU est souvent adapté, mais il n’est pas systématiquement optimal. Les contribuables ayant une faible tranche marginale d’imposition peuvent parfois avoir intérêt à étudier le barème progressif. Cette option concerne généralement l’ensemble des revenus mobiliers et plus-values concernés : elle ne se choisit pas au cas par cas pour chaque ligne.
Et si vous détenez un PEA Trade Republic ?
Le plan d’épargne en actions bénéficie d’un régime spécifique. Les gains réalisés à l’intérieur du plan ne sont pas imposés de la même manière qu’avec un compte-titres ordinaire. La fiscalité dépend notamment de la durée de détention et de la nature du retrait.
Un PEA ne se déclare pas comme un compte étranger via le formulaire 3916 lorsque le plan est ouvert auprès d’un établissement français habilité. En revanche, les retraits, clôtures et événements particuliers doivent être correctement reportés dans la déclaration.
Vérifiez aussi que le produit détenu est bien un PEA et non un compte-titres présenté dans la même application. L’interface peut être fluide ; la fiscalité, elle, reste attachée au cadre juridique du produit.
Les erreurs fréquentes à éviter en 2026
- Ne pas déclarer un compte parce qu’il possède un IBAN français.
- Déclarer uniquement les plus-values en oubliant le formulaire relatif au compte étranger.
- Confondre montant net reçu et montant brut à déclarer.
- Oublier les dividendes ou les intérêts versés en fin d’année.
- Déclarer une simple hausse de valorisation comme une plus-value réalisée.
- Négliger les conversions en euros pour les titres ou actifs numériques étrangers.
- Ne pas conserver les historiques de transactions.
En cas d’erreur, mieux vaut corriger rapidement sa déclaration ou demander conseil plutôt que d’attendre un contrôle. Une erreur de bonne foi n’est pas traitée de la même manière qu’une dissimulation organisée, mais elle doit tout de même être rectifiée.
La checklist avant de valider votre déclaration
Avant de cliquer sur le bouton de validation, rassemblez les éléments suivants :
- le relevé fiscal annuel Trade Republic ;
- la confirmation de l’entité juridique qui détient votre compte ;
- la date d’ouverture et, le cas échéant, de clôture ;
- les intérêts perçus sur les liquidités ;
- les dividendes et distributions ;
- les cessions d’actions et d’ETF ;
- les opérations sur cryptomonnaies ;
- les éventuelles retenues fiscales étrangères ;
- les justificatifs à conserver pendant la durée légale applicable.
La fiscalité de Trade Republic en France n’est pas nécessairement compliquée, mais elle exige de séparer trois sujets : l’existence du compte, les revenus encaissés et les plus-values réalisées. Un IBAN français ne dispense pas automatiquement de toute déclaration, et un compte-titres ne se traite pas comme un portefeuille crypto.
Les règles et formulaires pouvant évoluer d’une année à l’autre, vérifiez les informations publiées par l’administration fiscale au moment de la campagne 2026. Pour une situation importante, avec beaucoup d’opérations, des comptes à l’étranger ou des cryptomonnaies, l’avis d’un professionnel reste souvent moins coûteux qu’une régularisation improvisée.
